Le confinement, l’isolement, la distanciation sociale, le “enweille à maison” nous ont fait vivre toute une gamme d’émotions durant les dernières semaines et ce sera encore le cas pour les semaines et mois à venir. Tu as peut-être l’impression que tu manges tes émotions plus qu’avant.

 

C’est pourquoi j’ai finalement décidé d’en parler.

 

Parce que ce n’est pas fini.

 

Même quand la pandémie sera histoire du passé, on va continuer de subir des dommages collatéraux quant à notre relation à la nourriture et à notre corps. “On” étant toi, moi, nos enfants, la société, TOUT le monde.

 

Je le vois déjà sur les réseaux sociaux, dans les médias, dans mon entourage, avec mes client.e.s. 

 

  • Les mèmes et commentaires grossophobes sur la prise de poids durant la quarantaine. “Mais c’est juste une blague!”. Non, ce n’est pas drôle. Cessez. Sincèrement. Pourquoi c’est problématique? Vas lire cet article paru sur Vice. Tout y est.
  • Tous les “trucs” pour contrôler l’envie/besoin de grignoter – la nôtre ou celle des enfants. Ton corps te parle, écoute. De quoi a-t-il besoin?
  • Notre besoin de cuisiner (hmmm pain maison!) pour le sentiment d’accomplissement et délice pour les papilles et l’âme.
  • L’insécurité alimentaire ou la peur du manque qui affecte nos habitudes de consommation.
  • Les “stratégies” pour éviter de manger ses émotions. Je t’en parle plus loin.
  • Les entraînements en ligne gratuits visant un “maintien de la ligne” et prévenir la prise de poids. 
  • Les personnes qui se sentent perdues sans leurs rencontres hebdomadaires on-ne-nommera-pas-où ou qui paniquent à l’idée de ne pas avoir accès à leur gym. 
  • Et la liste continue…

 

Remarque que je ne juge pas ces personnes. Ce qu’elles vivent est difficile et bien réel. Je ne les condamne pas non plus de vouloir perdre du poids ou tenter par tous les moyens de contrôler leur apparence. Leur corps. Leur décision. Pas le but de mon article aujourd’hui.

 

Je te parle à toi. Toi qui n’est pas bien là-dedans. Toi qui tente tant bien que mal de t’accepter, respecter ton corps, faire des choix pour toi, pour ton bien-être, pour celui de tes enfants. Toi qui en as assez du guilt trip, de te sentir coupable.

 

Je sais qu’on ne se départit pas de son désir de perte de poids en claquant des doigts ou parce qu’une pandémie nous tombe dessus. Je sais qu’un trouble alimentaire ne se met pas sur pause non plus parce qu’un virus menace notre survie ou celle de nos proches.

 

J’imagine bien l’impact que ces publications sur le poids, les choix “santé” et la nourriture en général peut avoir sur toi.

 

The struggle is real!

 

Or, c’est normal de voir nos habitudes de vie et notre relation à la nourriture changer. 

 

NOTRE VIE AU COMPLET A CHANGÉ! 

 

Pour le meilleur et pour le pire. Qu’on le veuille ou non. Qu’on soit prêt·e ou pas.

 

Tes émotions et la bouffe en temps de pandémie

 

Dans un superbe article publié sur Medium, Cara Harbstreet, diététiste anti-régime propriétaire de Street Smart Nutrition, expose le traumatisme que nous sommes en train de vivre collectivement et comment il nous affecte côté bouffe.

 

Comme le texte est en anglais, elle m’a accordé le droit de te traduire certains passages. Je te recommande quand même fortement de lire son texte au complet parce qu’il aborde d’autres sujets hyper intéressants que ce que je te présente ici. 

 

“Au lieu de nous culpabiliser pour tenter de gérer comme on peut, nommons les choses telles qu’elles le sont. Tu ne manges pas en réponse au stress. Tu survis.”

 

“On nous apprend que l’alimentation émotionnelle (manger ses émotions) est un “problème” à “régler” car nous manquons souvent d’autres mécanismes d’adaptation. Même si nous disposons d’autres moyens d’adaptation dans notre arsenal, les quarantaines et la distanciation sociale ont probablement éliminé une partie ou la totalité de ces options.”

 

Exemples de moyens pour prendre soin de soi qui sont maintenant inaccessibles: sortir bruncher avec des ami·e·s, aller voir un film seul·e au cinéma ou se faire masser.

 

Peut-être que faire ton épicerie seul·e était un moment de plaisir et détente. Oublie ça maintenant! C’est tellement rendu stressant! Peut-être que prendre un bain moussant te détendrait. Oups…pas si relaxant quand des enfants réclament ton attention.

 

“Le fait de manger a peut-être un effet temporaire [pour gérer tes émotions], mais c’est peut-être l’option la plus accessible en ce moment. C’est peut-être le meilleur outil, le plus fiable ou le plus rapide dont nous disposons pour commencer à nous sentir mieux. Nous avons besoin d’une distraction, de quelque chose de familier, d’un moyen de nous ancrer et de nous sentir en sécurité. La préparation des aliments et l’acte de manger canalisent notre énergie et nous donnent un but temporaire ou un moyen de nous connecter aux autres. Nous recevons un petit appel au centre du plaisir de notre cerveau et une poussée d’énergie lorsque notre corps digère les glucides, les protéines et les gras. Et ça, ça nous fait du bien et c’est correct. Tu ne fais rien de “mal”.”

 

“Si tu te sens poussé·e à manger, ton corps est en train de se comporter magnifiquement bien – il te prépare pour le long terme, conserve ses ressources et s’assure que tu as les meilleures chances de ton côté au cas où ça irait mal.”

 

Ce texte ne t’aidera peut-être pas à apaiser totalement tes craintes ou à réduire ton stress, mais sache qu’il va arriver un moment où la nutrition pourra redevenir une priorité [si c’est ton choix]. Pour l’instant, continue à manger, à n’importe quel moment : ton corps fait exactement ce pour quoi il est conçu. Il s’agit de survit.”

 

Le poids et le coronavirus

 

Avant que tu ne me dises que le poids est un facteur de risque et que tu DOIS le contrôler, prends une bonne respiration.

 

Les craintes qu’un poids élevé soit relié à une augmentation du risque de contracter le COVID-19, de subir des complications ou d’y succomber ne sont pas fondées à l’heure actuelle. 

 

Je dis à l’heure actuelle parce que tout ça est trop récent pour qu’il y ait suffisamment d’études de bonne qualité pour démontrer quoique ce soit. 

 

Christy Harrison (diététiste anti-régime, Certified Intuitive Eating Counselor, hôte du podcast Food Psych et auteure du livre Anti-Diet), a publié un article sur Wired le 17 avril 2020 présentant une revue de littérature vulgarisée sur le sujet. Je t’invite évidemment à aller le lire, mais voici les points saillants (traduction libre):

 

  • Les trois rapports préliminaires identifiant un IMC élevé comme un facteur de risque présentent des failles. Ils ne contrôlent pas:
  1. la race, le statut socio-économique ou la qualité des soins reçus. (Les inégalités sociales de santé sont reliées à des facteurs de risque comme le diabète et l’hypertension.)
  2. les risques de santé pré-existants pouvant avoir un impact sur les complications reliées au coronavirus, soit l’asthme et autres conditions respiratoires chroniques, le cancer ou l’utilisation d’immunosuppresseurs.
  3. les biais des cliniciens et leurs croyances par rapport au poids (grossophobie médicale) qui peuvent influencer leur choix de traitement pour les personnes grosses.

 

  • Dans presque toutes les études chinoises publiées (on se souvient que le COVID-19 y sévit depuis décembre 2019), un IMC élevé n’est pas listé comme condition préexistante des patients atteints du COVID-19, malgré le fait que le tier de la population chinoise a un IMC au-delà du “poids santé”.

 

  • Il semblerait que les personnes grosses aient une protection contre le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) qui est une des causes de décès du COVID-19. 

 

Tu te questionnes?

 

Quel pouvoir a la nourriture sur toi?

 

Avoir confiance en ton corps te semble être un concept abstrait ou quelque chose qui ne peut pas s’appliquer à toi parce que ton corps est “brisé”?

 

J’ai créé un programme en ligne basé sur l’alimentation intuitive exactement pour toi! Pour t’aider à reprendre possession de ton corps et apprendre à le respecter pour ce qu’il est pour ton bien-être global.

 

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Au plaisir de devenir ta nutritionniste bienveillante

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